et crie et crie et crie

la bulle se fissure éclatement du temps et de l’espace le premier effondrement la bouche ouverte un vent nouveau s’engouffre c’est quoi c’est l’air première fois première sensation le froid le sec l’air à l’aise dans le conduit il descend il toque à tous les carrefours à tous les tournants renifle par ici renifle par là il y a des petites niches ça gratte ça soulève petites peaux petites lèvres ouvertes s’ouvrent petites niches petites alvéoles explosions gonflements ah ! C’est bon ça fait mal c’est nouveau perçage du corps la chair s’ouvre en deux en quatre en mille prend l’air prend le monde avec lui il s’engouffre les poumons prennent tout l’air d’un coup  ah ! Inouïe sensation de corps coupé la terre m’appelle à son chant tout m’appelle je convoque le monde et crie et crie et crie mon premier cri

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ɛks makina

Entrée du violoncelle Frottement des cordes Vibration de la peau
Pénétration du cerveau Flottement de l’estomac Indéfiniment danse le sang
Qui quitte le cœur Qui tourne le corps Qui revient à la cage Indéfiniment
valse le son Qui s’élance de la cage Qui heurte le corps Qui entaille la
corde S’élance Corps Tourne Cage Atome Fracasse Qui Indéfiniment Qui
Violon Cœur Frottement Cordes Peau Qui Pénétration Qui Indéfiniment
Valse frappe Qui décharge Qui gratte Qui Cœur Qui Vague Qui Corps Qui Danse Qui Cage Qui Peau Qui Corde Qui Sang Qui Craque
Cerveau Mord Revient Tourne Cœur entrée



Violoncelle entre
Peau frotte
Cordes palpitent
Cœur pénètre
Cerveau flotte

Indéfiniment danse le sang
Qui s’élance de la cage
Qui heurte le corps
Qui entaille la corde

Indéfiniment valse le son
Qui agite la cage
Qui gémit de la corde
Qui délivre le corps

Ondulation de thorax
Tremblement de neurones
Qui indéfiniment
Cœur frottement
Cordes peau
Qui pénétration
Qui indéfiniment
Valse frappe
Ange thorax
Qui oscillation

qui décharge qui gratte qui cœur qui vague qui corps
qui danse qui cage qui peau qui corde qui sang qui craque

Cerveau mord
Revient tourne
Cœur entrée


Texte écrit en écoute des créations musicales de Cello In Cage

lien: https://www.facebook.com/cello.incage/timeline

Les Nuits de mon corps #3

 En chinois, lire et seul sont des homophones.

 

dione-lumiere-nuit-1

 

Le premier royaume est un désert

Un silence liquide

Le premier royaume est une nuit

Le départ de la vie est un intermède


Le premier royaume est un prélude

 une préface

 un préambule


Le premier royaume n’est pas encore ex-istence

Il est in-istence

Il est un chaos chorégraphié

Et microcosmique

Un chaos coupé

Du jour et du bazar atmosphérique


Dans l’interstice

Au fond du ventre

Des échos de vagues sous-cutanées

Un impalpable horizon

Une ligne d’origine

S’impriment


Je déchiffre le premier livre

L’alphabet préhistorique

La grammaire ADNique


Je vis mon premier passage

Mon premier départ

Mon premier voyage

Ma première traversée


Je suis au temps zéro

Dans la zone tranquille

La dérive intime

La nécessaire préparation

Comme l’acteur dans les coulisses

J’apprends mon texte


Amdouat

J’écris mon endroit caché

J’effectue mon voyage nocturne

Comme un astre solaire

Dans les replis de la terre

Ma terre tombeau de chair

Hypogée originelle

Qui me conduit vers le jour


Relié à la terre

Coordonné à l’autre

Dans l’autre

Mon corps en un corps

Distinct

et même


Je suis compris

Je suis inclus

Jamais on ne me verra moins

Jamais quelqu’un ne me sentira davantage


Je suis présent je suis absent

Je suis là je ne suis pas là

Je suis extérieur à l’extérieur

Je n’ai pas commencé

Je n’ai pas d’âge

Je ne suis pas daté

Je ne suis pas comptabilisé

Je ne suis pas considéré

Je n’ai pas voix au chapitre

Je suis en stand-by

Je suis à l’arrêt 

Je n’ai simplement pas commencé


Je suis dans l’antichambre

Je suis dans les coulisses

La cavité gestationnaire

Le tunnel préambule


Je suis un grand bâtisseur

Ce que j’accomplis ici je ne le referai jamais

C’est un moment unique

Pour une pièce unique

Un tour de magie

Un ballet sans public

De la pure poésie


L’utérus est ma maison

Ma maison est une matrice

Une matrie en transit

Une matrie maison

d’arrêt

Une matrie maison

de vie


Je n’ai pas encore de voix

Je n’ai pas de passerelle entre intérieur et extérieur

Je n’ai pas d’intérieur et d’extérieur

Je n’ai pas de porte

Je suis un lieu clos

Je suis un temple

Je suis un temps

coupé


Je suis l’absent parfait

Pourtant je suis au centre de tout

De vos conversations de votre attente

De vos angoisses de vos souhaits de vos espoirs

Je loge à l’intérieur d’un autre

Dans son corps même

Dans son ventre

Contre moi cœur vessie foie

Estomac intestin pancréas poumons

Air eau sang pisse coulent autour de moi

à-travers moi

Je ne vois rien mais je sens tout


 

Je vis ma nuit utérine

Seul dans un autre

Autour de moi les dieux et les étoiles impérissables

Protègent mon royaume

Les Nuits de mon corps #2

SONY DSC

La vie souterraine

Sous terre

Sous la terre

Quitter la surface le jour le temps ordonné

Le code le langage l’objet

Extérieur

Goûter au langage originel

Au corps la peau le désordre le chaos

La nuit le silence le temps

coupé

La nuit sortir

Le jour dormir

Mettre de la nuit dans le jour

Fabriquer de la nuit

La nuit du corps

Revenir à son corps

Les sensations premières

Animales

Revenir en son centre son sein son ventre

Faire de son corps un temps

coupé


Faire de sa bouche de sa peau de ses cuisses

Un temple

Un lieu clos

Vide et plein

Plein vide

Cercle zéro

Ombre et silence

Corps nuit

Être cercle

Ne plus être droit ne plus être debout

Ne plus marcher ne plus parler ne plus

correspondre


L’horizon n’est pas devant

L’horizon est dedans


Chercher son centre

Fouiller son ventre

Se laisser fouiller


Ne plus ranger ordonner

Redevenir une voix

sauvage

Un chant

Des ruines

Un écho de galaxie

Un fragment d’astre

Une vibration de trou noir


Être un temple un temps

coupé

Être sa terre

Être dans sa terre

Être tombeau

Glisser sous

En son centre

Son ventre

Squatter le rêve

et le corps de l’autre


Accordé à un corps

Attaché ligoté coordonné cordon-ombilicalisé

Mon milieu est le corps

Mon milieu est l’autre

Je suis en son milieu

Mon milieu est son milieu

Projet Poème #1

Je me suis lancée dans l’écriture d’un poème

Je l’ai commencé mais il n’est pas fini

C’est un poème immense

Plus grand que la mer

C’est un poème latent

C’est un poème que j’écris depuis longtemps

C’est un poème en suspens

Il ne va pas tarder à jaillir

C’est un poème en devenir

C’est un poème d’avenir

A moins qu’il ne soit passé

Donc dépassé

C’est un poème de passage

C’est un poème pas sage

C’est un poème paysage

C’est un poème paysan

C’est un poème pas à pas

C’est un poème projet

C’est un poème rêvé

C’est un poème traversé

C’est un poème traversée

C’est un poème rivière

C’est un poème source

C’est un poème souterrain

C’est un poème de terrain

C’est un poème

Un ciel inépuisable

Enterré

C’est un pays enterré

L’enfant et sa mère

Les somptueux palais de Canaan

Enterré

C’est un voyage sous la terre

L’enfant sans la mère

Des pierres dans la bouche

Enterré

Cocagne Eldorado paradis de peau

Bleu comme la mer

La maison méditerre

Enterré

L’enfant avec la mère

Presser la mémoire des ruines

Et faire le voyage en apnée

Enterré

Le ciel d’avant

Sous des couches de silence et de ratures

L’enfant confit dans la sépulture


Mon port est un pays sans nom

Une bouche qui ne parle pas

Mon port est la sensation de toucher le vide

De le prendre à pleines mains

Mon port c’est mon corps

Jeté dans l’espace blanc de la page

Je me suis détachée du port

Il a bien fallu se détacher

L’échéance était inéluctable

Deux corps distincts se regardent et se touchent à présent


Ce n’est pas une fin

C’est un départ

Ce n’est pas une fermeture

C’est une ouverture

Large comme un estuaire

Une offrande qui me laisse baba

De mon ventre le jaillissement des possibles

La germination de soleils futurs

Soleil cherche futur

Moi qui me croyait lune

J’ai rencontré un soleil

Je loge à présent dans sa brûlure

Je navigue en pays familier

Avec dans les entrailles la sensation d’un amour total

D’un ciel rempli

D’un ciel inépuisable


O


Tome 1

Atome

Tome A

Premier élément première lettre début de l’alphabet

du monde qui s’arrache au néant

Au noir

Noir de l’eau

H2O

Oxygène Hydrogène deux fois

Accouplement d’atomes

Tome A : molécules d’eau

Au commencement fut l’eau

Et l’attente

L’attente


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Tome 2

Tome B

Le Big-bang est passé

Expansion de l’alphabet

Continuum de l’expérience

Attente en chambre noire

et aquatique

Vie cellulaire

Bulle carcérale

Des milliards de cellules

Se tissent entre elles

Sans faire de bruit

Comme par magie

On appelle ça : la cellule-œuf

Un œuf dans l’eau

Ronde maison

Maison cachée

Kilomètre zéro

La première borne

Le premier tiret

Petite cellule

Un préambule

Un pré

en

bulle

Bulle séparée

De quoi ?

De tout.

Du rien au milieu

et tout autour du tout

Pour préparer ses atours

et ses atouts


Tome 3

Tome C

Comme séparé

Comme c’est parti

La bulle s’est fissurée

L’animal sort de sa cage

Le continent premier n’est plus entier

Il est plusieurs

Nombre zér0 devient une île

Sous le nombril : un il

Il lui faudra un nom

Un nom à l’île sous le nombril

Sous les décombres

Il se découvre

Sous les décombres après les limbes

du nombre-île

Le nombril se délivre

Le nombril fait sortir l’ombre

La nuit entre dans le jour

Ou bien l’inverse

Alba

L’aube d’un temps nouveau

Après le silence

Le cri

Au commencement fut l’enfant